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 Couronnement de la Reine d'écosse

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Ecosse (albion)

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Date d'inscription : 16/12/2017

MessageSujet: Couronnement de la Reine d'écosse   Jeu 28 Déc - 21:12

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme des pas
Qui s'arrête.
Mais aussi un départ
Pour un nouveau voyage...

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme une porte
Qui claque.
Mais aussi un passage
S'ouvrant sur un autre monde...

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme un arbre
Qui tombe.
Mais aussi une graine
Germant dans une terre nouvelle...

Quelqu'un meurt,
Et c'est comme un silence
Qui hurle.
Mais il nous aidait à entendre
La fragile musique de la vie...

Après avoir prononcé ces paroles rituelles, l’élu divin se retira pour me laisser la place. J’avançai alors de quelques pas et commença à réciter le texte que j'avais appris par cœur.

Steffen, ici s'achève ton chemin parmi nous ;
mais ici même nous reviendrons pour nous souvenir,
pour continuer avec toi, dans le même sens, ces années
où nous avons marché ensemble.
Nous voici avec toi au moment où tu entres dans une
Communion nouvelle et plus forte avec toi-même.
Ce que tu as vécu, tout cela continue aujourd'hui,
et l'élan que tu as pris, qui l'arrêtera ?
Et maintenant, Dieu tout puissant,
c'est vers toi que nous regardons,
toi, parmi nous, toi, plus grand que nous ;
ce que tu as insufflé à cette terre,
tout cela contenu à travers nous ;
et l'élan que tu nous as communiqué,
qui l'arrêtera ?
Toi en qui l'homme reconnait son idéal,
Toi qui nous appelles au-delà de nous-mêmes,
Toi, déjà présent dans ces liens noués entre les hommes,
Toi, Dieu, tiens-nous debout
avec cette Force plus forte que la mort.

Puis le corps du défunt roi, mon père, fut amené dans la crypte du cimetière royal. On plaça alors son corps dans l'un des caveaux ou reposaient les membres de ma famille . Un scribe entreprit alors dénoncer la liste des hauts faits qu’avait accomplis mon père durant son règne devant une assistance qui l’écouta religieusement. Mais je ne fis pas attention à ce discours, car alors que je conservais un visage impassible mon esprit fut alors tourmenté par mes souvenirs d'enfance.
Les relations que j’avais eues avec ce père violent avaient toujours été tumultueuses et l'héritage qu’il me laissait aller était lourd à porter. En effet nombre de nobles avaient souffert sous son le règne et les premières rumeurs de complot commencent déjà à circuler alors que de leurs côtés les religieux ne cessaient de tirer les ficelles afin de reprendre le pouvoir que leur avait confisqué mon grand-père.

Mes nombreux opposants hérités de mon passé disposaient en outre d'une arme de taille à savoir la terrible famine qui s'était abattue sur le royaume et dont les religieux tiraient particulièrement profit. Je n’étais pas encore officiellement reine et pourtant ma charge était déjà bien lourde à porter. Ironiquement ce ne fut que quand le scribe décida enfin de se taire que je repris mes esprits.

Le maitre de cérémonie s'avança alors devant la dépouille de mon père et déclara

"Le roi est mort !!"

Puis se tournant vers moi

"Vive la reine !!"

La foule répéta en cœur

« Le roi est mort, vive la reine !! »

Et alors que la foule commençait à quitter les lieux à afin de me laisser selon le rituel seule avec mon père le cardinal s’avança vers moi.

«Toutes mes condoléances jeune reine sachez que Dieu vous accompagne dans cette épreuve et lorsqu’en son nom je vous couronnerai il sera de nouveau là pour vous aider à guider votre peuple vers la lumière. »

Ce fut un pari audacieux que tenta là le Cardinal. Peut-être pensait-il profiter du chagrin qui devait m'accabler pour me faire tomber dans ce piège pourtant grossier. Nous savions tous les deux que mon grand-père et mon père avaient aboli cette tradition pour se couronner eux-mêmes. Si je le laissais faire, j'envoyais un signe fort du retour en grâce de la religion dans les affaires d'État. Mais si, comme l'aurait probablement fait mon père, je le contredisais publiquement devant les membres de la noblesse encore présente cela serait considéré comme une véritable humiliation pour le Cardinal. De plus ce dernier avait savamment tourné ses phrases pour qu'en cas de refus l'on ait l'impression que c'est l'aide de dieu que je refusais.

« Le deuil de mon père et encore terriblement présent en moi mon père, d'autant que je n'ai pas encore pu me recueillir seule sur sa tombe. Mais soyez assuré que j'honorerai sa mémoire dans la gloire de dieu et continuerai son œuvre. Vous serez le premier informé des dispositions que je prendrai pour le bien de notre peuple. »

Je pus voir sur le visage du Cardinal qu'il avait parfaitement compris le message, mais en homme intelligent il sut prendre la porte de sortie honorable que je lui avais tendue. En effet il aurait été indécent sa part d’insister et d’accabler une fille pleurant son père. J'étais bien conscient cependant il ne s'agissait là que d'un répit.
Ce ne fut que lorsque mon regard croisa à nouveau les nobles en train de quitter la crypte que je me rendis compte de mon erreur. Certains nobles qui avaient été maltraités durant le règne de mon père avaient interprété mes paroles comme une menace directe à leurs encontre.

Ah la nature humaine ! Une personne discutant avec une autre, qui rit en vous regardant et l’on pense qu’elle se moque de nous, des personnes se mettent à chuchoter à votre arrivée et voilà qu’elles médisent de vous. Il nous est difficile d'imaginer qu'une personne a juste égaré son regard alors que son interlocuteur lui racontait une blague quelconque, ou que des personnes se mettent à chuchoter pour que vous ne puissiez entendre une confidence qui ne vous concerne nullement.

Quoi qu'il en soit progressivement la crypte se vida de ses occupants et je restai seule avec la dépouille de mon père. Ou plutôt devant le sarcophage dans lequel il avait été enfermé. Je savais que j'aurais dû mettre ce temps à profit pour mettre en place mes plans pour mettre au pas la noblesse et les religieux afin de stabiliser le royaume, mais j'en fus incapable.
Aussi rigide qu’une statue je regardais le sarcophage plongé dans des années de souvenirs de relations avec mon père. J’éprouvai de la colère pour les nombreux coups et tourment qu'il me fit endurer, de la peur de me retrouver désormais seul à diriger un royaume en proie à de nombreux troubles et aussi étonnant que cela puisse paraitre une profonde tristesse. Mon père et moi avons toujours entretenu une relation « professionnelle » entre un roi et son unique héritière. Son unique héritière qui aurait dû être un héritier. D’ailleurs si je faisais l'addition des bons et mauvais moments je n'avais pas de doute sur lequel des deux sortiraient vainqueurs. Cependant il s'agissait de mon père, le seul membre de ma famille que je n'ai jamais connut et maintenant qu'il était parti je ressentis un grand vide. Mon père était mort, et maintenant qu'il était parti je me rendis compte que je ne l'avais jamais vraiment connu. Il y avait tellement de choses que j'aurais aimé lui dire, de questions que j'aurais voulu lui poser, de moment que j’aurais voulu passer avec… .

Soudain terrassée par la douleur je m’effondrai sur le sarcophage. Mon père était mort, et chose qui ne m'était arrivée depuis de nombreuses années je me mis à pleurer à chaudes larmes. J'ignore combien de temps je passai la à agripper le sarcophage, mais lorsque je repris mes esprits et après m'être rendue de nouveau présentable je sortis à mon tour de la crypte. À l'extérieur il ne restait plus que le maitre de cérémonie et mes pages. Et je pus voir par la fenêtre que le soleil commençait à se coucher. Cela signifiait que j'étais restée toute l'après-midi dans la crypte.

Remis de mes émotions je congédiai le maitre de cérémonie et me rendis d'un pas pressée vers la salle de réunion ou attendait mes plus fidèles serviteurs.
Le Général Dash tous d’abord qui déjà du temps de mon père assurait le poste de conseiller militaire, sir William que j'avais personnellement nommé au poste de conseiller des affaires étrangères, mais qui s'occupait également officieusement de mon réseau d'espionnage et d'information. Enfin le Jarl Guilhelm avait été nommé peu de temps avant la mort de mon père conseillé des affaires internes et économiques du royaume. En tant que fidèle allié et défenseur de la couronne et possédant de surcroit l'une des plus grandes fortunes du royaume je l'avais reconduit dans ses fonctions.

Tous les quatre étaient déjà en grande conversation à mon arrivée. Ils s'arrêtèrent néanmoins à ma vue et se levèrent de leurs sièges pour me saluer avec tout le respect dû à mon rang tout en me gratifiant de leurs condoléances. Une fois cet échange de politesses effectuées il allait être temps désormais d'entrer dans le vif du sujet.

« Messieurs, je pense qu'il est temps désormais de faire le point sur la situation du royaume. Jarl Guilhelm où en sommes-nous dans la gestion de cette sècheresse qui touche maintenant le royaume depuis plus d'un an? »

« Votre Majesté la situation reste très préoccupante, le nombre de réfugiés se rendent en ville ne cesse de croitre et les bidonvilles construits à la va-vite pour accueillir cette population commencent à nous poser de sérieux problèmes sanitaires sans compter la criminalité qui explose et ce n'est rien comparé aux émeutes qui ne cessent d’éclater. Les autres villes du royaume connaissent des difficultés similaires et seule la pêche intensive qui a été mise en place permet de limiter les ravages de la famine.

Cependant la bonne nouvelle est que grâce au rationnement nous avons pu mettre en culture suffisamment de champ pour nourrir convenablement la population. Malheureusement ils ne porteront leurs fruits que dans quatre ou cinq mois. »

Voyant que son collègue avait fini le général en profita pour prendre la parole.

« Je doute cependant que la politique de répression de votre père ne suffise bien longtemps à garder la maitrise de la situation. »

« Général je pense effectivement qu’une réorientation est nécessaire. Plus tôt que de jouer la carte militaire et de faire régner l'ordre, par la terreur en attendant que reviennent les beaux jours tentons de gagner les cœurs en ravivant la foi de nos concitoyens. De plus et je souhaite qu'on lance de grands travaux d'aménagement pour occuper tous ces réfugiés.»

Ce fut le général qui réagit en premier

« Votre Majesté je crains que si nous desserrons l'étreinte de notre autorité maintenant la situation ne devienne incontrôlable. L’épée a toujours été plus dissuasive pour la populace que les belles paroles. »

« Détrompez-vous général le peuple ne craint l'épée que lorsqu'il a quelque chose à perdre. Hors affamé un homme n’a plus grand-chose a perde. Seule la crainte de l'au-delà peut encore dissuader ceux dont le désespoir ne fait plus craindre le contact du fer. De plus en desserrant notre étreinte militaire nous pourrons calmer à travers une propagande efficace nos concitoyens en leur faisant croire que la sècheresse est derrière nous. Si nous arrivons à maintenir l'espoir d'un avenir meilleur alors les hommes hésiteront par deux fois avant de risquer leur vie dans des actions inconsidérées. »

« Certes cela peut nous permettre de gagner du temps, mais de belle promesse et menace religieuse ne suffirons pas à calmer des réfugiés toujours plus nombreux et qui eux se rendront bien compte que rien ne change. D’autant que les oiseaux de mauvais augure et différents agitateurs n'hésitent et n'hésiteront pas à contrer notre propagande pour tirer quelques profit ou pouvoir de la situation. »

Protesta William.

«Régler le problème de c’est agitateurs est de votre ressort Ser. Et je sais que vous en êtes capable sinon vous ne seriez pas à ce poste. Mais nous allons également montrer concrètement au peuple que les choses bougent. Nous profiterons de cette main-d’œuvre bon marché pour lancer les gros travaux dont nous avons déjà parlé qui nous permettront d'occuper tous ces réfugiés tout en réalisant des aménagements nécessaires à moindres frais. Cela permettra également de soutenir l'économie de la capitale. Nous pourrons d'ores et déjà commencer par commander de nombreux outils aux artisans de la ville, mais également les matériaux de construction nécessaires. Sans compter tous les emplois indirects que de tels chantiers maintiendront. Bref de quoi occuper tout ce petit monde. »

Jarl Guilhelm ne paraissait pas du tout emballé par cette dernière proposition. Et me le fit savoir.

« Votre Majesté même si les réfugiés acceptaient de travailler gratuitement les caisses de l'État ne pourraient supporter de tel chantier !! Nos plans prévoyaient de s'étaler sur plusieurs générations et devaient être adaptés en fonctions des évolutions et obstacles rencontrés par notre pays. Jamais nous ne pourrons réunir les fonds nécessaires pour tout réaliser d’une traite. »

« Et si je puis me permettre même si nous arrivons à trouver l’or nécessaire et parvenons à occuper les esprits les ventres resteront vides. Tant que nous ne réglons pas ce problème, tous les subterfuges que nous pourrons trouver ne serviront à rien. Du moins je ne vois pas comment faire oublier à un homme qu’il meurt de faim. Croyez-moi lorsque cela arrive on ne pense plus qu'à ça. »

Renchérit le Général.

Je savais tout cela, mais je ne voyais pas d'autre levier sur lequel je pouvais faire pression tout en en garantissant le résultat. Le pire est que j'avais exposé la partie la plus facile à accepter de mon plan. Car je devais moi-même reconnaitre qu'en plus de devoir surpasser de nombreux blocages politiques mon plan reposait avant tout sur un coup de poker. Croisant, mais deux mains et posant ma tête dessus je l’achat un grand soupir en cherchant la meilleure façon de présenter ce dernier. Je finis après un silence assez tendu à me décider et répondis à sir William.

« Oui, la nourriture est notre principal Soucie. Comme nous le savons tous, l'agriculture ne pourra pas satisfaire nos besoins avant plusieurs mois, nos bois qui ont été dans un premier temps pillés de tous leurs gibiers sont désespérément vides. La pêche qui compense pour l'instant en partie ce manque s'épuise à son tour. Les ressources que nous offre l'océan finiront bien par se tarir à leurs tours. Il est évident que nous ne trouverons bientôt plus assez de nourriture pour nourrir tout le monde."

Puis après un court silence.

"Messieurs à moins d’un miracle plus de la moitié de notre population sera morte de faim avant que nous ne sortions de cette crise. Sans compter les inévitables débordements que la situation ne manquera pas d'entrainer avec son lot de victimes. »

Je pus voir le visage de mes conseillers s'assombrir devant l'énonciation de notre situation. Comme si le fait de l'énoncer à haute voix lui donnait plus de substance. Mais il me paraissait alors nécessaire d'insister sur la situation désespérée dans lequel nous nous trouvions afin de faire plus facilement accepter mon plan.

« Puisque notre pays n'est plus en état de nourrir sa population il ne nous reste plus d'autre choix que de reprendre contact avec les autres nations auquel nous pourrons acheter les denrées qui nous font si cruellement défaut à l'heure d'aujourd'hui.  »
.

Un silence de stupéfaction s'installa dans la salle et je pus voir mes conseillers se creuser la tête pour réfléchir à toutes les implications et les risques que cela comportait. Comme je m'en doutais ce fut le général Dash qui posa la première objection.

«Votre Majesté la guerre fait rage sur le continuent. L’Angleterre par exemple, notre voisin le plus proche, est bien connu pour ces ambitions expansionniste. Et si nous sommes passés entre les gouttes, nous le devons à votre père qui a su se faire discret dans cette période sanglante. »

« Oui je le sais général, mais rien ne nous garantit que nous ne finirons pas par être pris pour cible. D'autant que nous nous sommes si bien coupés du monde que nous sommes presque aveugles. De plus nous ne viendrons pas en conquérant, mais en tant que partenaire commercial. Surtout au vu de la situation le jeu en vaut la chandelle. Je dirais même que nous n'avons pas le choix.»

« Seulement nous serons alors bien affaiblis pour prendre de tel risque. L'on pourrait nous prendre pour une proie facile.»

Fini par déclarer le Général Dash.

« Et rien ne dit que de potentiels adversaires n'en profiteront pas pour nous attaquer. Général si nous continuons à nous fermer à l'extérieur à cause de possibilités vous savez comme moi ce qui nous attend. De plus je n'ai pas dit que cela ne se fera pas sans quelques précautions. »

Lui répondis-je du tact au tact.

« Le peuple risque de s'inquiéter de ces expéditions. Et nul doute que vos adversaires politiques en profiteront. »

Répondit William

« C'est pour cela que ces expéditions seront effectuées dans le plus grand secret dans un premier temps avec des hommes de confiance! William je compte sur vous pour trouver des ambassadeurs de confiance ! Général charge à vous de leurs fournirent des escortes qui  nous seront dévouées corps et âme! S'ils échouent, il sera toujours temps de payer le pris du sang! Mais ce sera notre dernier recours!  Ainsi en ai-je décidé ! Ce sera tout Messire. »

Déclarai-je avant de sortir de la salle comme si la question était réglée. Bien sûr comme mes conseillers je redoutais ce qui pouvait bien nous attendre au-delà de nos frontières. Mais je les savais suffisamment intelligents pour comprendre que c'était la seule solution pour nous sortir de ce pétrin. Cela ne les empêcha pas de passer toute la nuit à réaliser les différentes missions que je leur avais confié. Au prix de nombreux débats parfois houleux et d'arbitrage que je dus apporter au petit matin mon plan finit par se mettre en marche. Des ambassadeurs furent envoyés en Angleterre.

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